L'A E A R a envoyé la lettre suivante au maire de Paris, le 11 octobre 2006 à propos du baptême de la place Jean-Paul 2


Monsieur Bertrand Delanoë

Maire de Paris



Monsieur le Maire,



Nous souhaitons attirer votre attention sur un cas qui nous paraît fort singulier et qui ne présente certainement pas de Paris une image conforme à l’histoire d’une telle cité. Vous ne pouvez ignorer qu’en 1946, un arrêté donna le nom de Robespierre à la place du Marché Saint-Honoré et à la rue Saint-Honoré qui y mène. En 1950, ce même arrêté fut abrogé, et depuis, le nom de Robespierre demeure étrangement absent de la capitale de la République, cette République qu’il contribua si largement, et si courageusement à fonder, vous en conviendrez avec nous.

Vous avez personnellement inauguré, à la surprise de beaucoup, l’apposition d’une plaque portant le nom du pape Jean-Paul II. Si un chef religieux, qui devrait être, par logique officielle, indifférent à une nation constitutionnellement laïque, est jugé digne d’un tel honneur, comment le grand révolutionnaire qui participa de si près à l’édification de cette nation-là ne le serait-il pas ?

Or, cet honneur, il le reçut comme nous venons de le dire, puis on le lui retira. Il faut, Monsieur le Maire, le lui rendre, nous vous le demandons respectueusement, c’est-à-dire en citoyens et en vous rappelant ce que Jaurès écrivit : C’est à côté de Robespierre que je vais m’asseoir aux Jacobins… Un temps, il eut à lui seul toute l’ampleur de la Révolution.

Ces derniers mots, et l’exemple de celui qui les a livrés à nos fidélités, valent bien que l’on s’arrête à la proposition suivante : redonner à la place du Marché Saint-Honoré et à la rue du Marché Saint-Honoré, au moins à l’une des deux, le nom de Maximilien Robespierre.