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Monsieur
Bertrand Delanoë
Maire
de Paris
Monsieur
le Maire,
Nous
souhaitons attirer votre attention sur un cas qui nous paraît fort
singulier et qui ne présente certainement pas de Paris une image conforme
à l’histoire d’une telle cité. Vous ne pouvez ignorer qu’en 1946,
un arrêté donna le nom de Robespierre à la place du Marché Saint-Honoré
et à la rue Saint-Honoré qui y mène. En 1950, ce même arrêté fut
abrogé, et depuis, le nom de Robespierre demeure étrangement absent de
la capitale de la République, cette République qu’il contribua si
largement, et si courageusement à fonder, vous en conviendrez avec nous.
Vous
avez personnellement inauguré, à la surprise de beaucoup, l’apposition
d’une plaque portant le nom du pape Jean-Paul II. Si un chef religieux,
qui devrait être, par logique officielle, indifférent à une nation
constitutionnellement laïque, est jugé digne d’un tel honneur, comment
le grand révolutionnaire qui participa de si près à l’édification de
cette nation-là ne le serait-il pas ?
Or,
cet honneur, il le reçut comme nous venons de le dire, puis on le lui
retira. Il faut, Monsieur le Maire, le lui rendre, nous vous le demandons
respectueusement, c’est-à-dire en citoyens et en vous rappelant ce que
Jaurès écrivit : C’est à côté de Robespierre que je vais
m’asseoir aux Jacobins… Un temps, il eut à lui seul toute l’ampleur
de la Révolution.
Ces
derniers mots, et l’exemple de celui qui les a livrés à nos fidélités,
valent bien que l’on s’arrête à la proposition suivante :
redonner à la place du Marché Saint-Honoré et à la rue du Marché
Saint-Honoré, au moins à l’une des deux, le nom de Maximilien
Robespierre. |
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