Une lettre d'Alexandra



J'écris ce mail car  aujourd'hui, une femme commence une grêve de la faim  contre la répression syndicale de Roland Veuillet. Cette femme, Amparo Ibanez, occupe un poste d'institutrice au village d'Antecume Pata, village amérindien  perdu au fin fond de la forêt amazonienne. En pays wayana, elle trouve l'énergie et la force de soutenir la répression syndicale que subit son camarade Roland Veuillet. Les relais locaux sont en train de se construire mais le lien avec la métropole sera certainement difficile à établir. Alors que la mobilisation se renforce en France, il me semble important de relayer cette information concernant une femme en lutte, prête à mettre sa vie en jeu loin de toute structure sanitaire appropriée (le village d'Antecume Pata se situe à plusieurs heures de pirogue du premier aéroport régional, dans une zone à accès restreint). Ce mail résonne certes comme une sorte d'appel au secours, devant la difficulté de transmettre une information qui se déroule à plus de 7 000 kilomètres du territoire métropolitain. Mais devant la détermination de notre camarade, nous ne pouvons que nous tourner vers ceux qui constituent pour nous un relais, une marche vers la propagation de cette information, pour montrer qu'à travers le monde la défense du droit syndical est un des fondement de l'avancée sociale des travailleurs.



Sans autre ambition que de trouver un relais informatif,



Alexandra Cretté

P.S: En pièce jointe, la lettre d'Amparo Ibanez adressée au ministre de l'éducation nationale

Pour signer la pétition

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Amparo IBAÑEZ

Professeure des écoles

Ecole Publique élémentaire Antécume-Pata

Antécume-Pata

97370 MARIPA-SOULA

à

Monsieur le Premier Ministre

Monsieur le Ministre de l’Education Nationale

S/C Monsieur le Recteur de l’Académie de la Guyane

Monsieur l’Inspecteur de l’Education Circonscription du Maroni



Antécume-Pata, le 4 février 2007



Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de l’Education Nationale,



Je viens par la présente vous signifier ma décision d’entamer une grève de la faim à partir du 8 février 2007.

J’engage cette démarche en solidarité avec mon collègue Roland Veuillet, Conseiller Principal d'Education du lycée Dhuoda de Nîmes. Cette décision a pour but d’exiger l’annulation de la sanction disciplinaire dont il est victime depuis 2003.

Je vous rappelle que la sanction à l’encontre de Roland Veuillet est toujours en vigueur. Et ce, malgré les recommandations du Conseil Supérieur de la Fonction Publique, qui s'est prononcé le 25 janvier 2005 pour l'annulation de la sanction qui frappe Roland Veuillet, Conseiller Principal d'Education du lycée Dhuoda de Nîmes.

Comme de nombreux autres enseignants, je considère moi aussi que la mutation disciplinaire de Roland Veuillet, depuis septembre 2003, à 300 kilomètres de ses trois enfants, est un acte de répression contre un militant syndical. A ce jour, Roland Veuillet aura dépassé les 40 jours de grève de la faim.

Malgré ma demande, malgré les appels, les pétitions de nombreux autres citoyens, vous n’avez à ce jour, rien fait pour lever la sanction et permettre que soit mis fin aux risques encourus par Roland Veuillet pour être rétabli dans ses droits.

C’est cette intransigeance, qui n’a d’égale que le mépris du respect de l’exercice du droit de grève, qui me conduit aujourd’hui à rejoindre mon collègue et à prendre la difficile décision d’entamer une grève de la faim.

Le 8 février, de nombreux fonctionnaires seront en grève. Pour ma part, j’entamerai cette grève de la faim pour que soit respecté le droit de tous à lutter, à défendre une société où tous auront leur place. Il s’agit d’une question de dignité, de survie pour moi-même et pour les générations futures dont j’ai en charge l’enseignement de la solidarité, la fraternité, l’égalité.

Je ne souhaite ni faire cadeau de mon salaire, ni de ma vie, ni priver les élèves de l’enseignement que je dispense. C’est pourquoi, tant que mon état de santé me le permettra, je continuerai d’assurer les cours.

D’autres personnes ont également décidé de soutenir Roland Veuillet en entamant une grève de la faim.

Vous prenez donc désormais la responsabilité de mettre en danger sciemment la vie de ces citoyens.

C’est donc aux élèves, aux parents d’élèves que vous devrez expliquer les raisons de votre attitude, s’il devait advenir le pire pour la vie d’un d’entre nous.

Par ailleurs, si l’acharnement dont fait l’objet mon collègue devait avoir des conséquences irréversibles, je vous en tiendrai personnellement responsable et en appellerai à la cour européenne des droits de l’homme pour non assistance à personne en danger.

Croyez Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, en l’expression de mon plus profond respect de la vie fusse-t-elle celle de mes adversaires.

Amparo IBAÑEZ Professeure des écoles en Guyane (département français en Amérique)