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Le
peuple et le 14 juillet
Roger
Bordier
En
ce passionnant dix-huitième siècle dont Saint-Just a dit
qu’il devait être mis au Panthéon, comment ne pas se laisser
guider d’abord par la géniale irruption des Lumières ?
Rappelons cette brève anecdote : au cours d’une soirée,
la maîtresse de maison présente fièrement ses invités et,
parmi ceux-ci, Voltaire. Prenant alors un air narquois, le
chevalier de Rohan-Chabot fait l’innocent, si l’on veut
l’imbécile, et déclare : Ah ! c’est cela,
voyons, attendez, ,j’y suis :monsieur Arouet, n’est-ce
pas. Et vous vous faites maintenant appeler Voltaire… Oui, je
commence mon nom et vous finissez le vôtre.
La
grande Révolution qui allait venir est déjà inscrite en cette
réplique-là
qui fit le tour des salons parisiens, des cafés à la
mode, des librairies, des boutiques de barbiers avant de valoir
à son auteur une
« bastonnade » dont furent chargés les
laquais du chevalier. Certes, pour ce pauvre Voltaire, ce ne dut
pas être drôle, mais qu’est-ce qui est resté en fin de
compte : les coups de bâton ou la cinglante réponse qui
condamnait un certain monde en quelques mots ?
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